Elodie
Son aînée est autiste. Lorsqu'elle parle d'elle, celle qu'elle appelle encore tendrement son bébé, son regard s'illumine. Elle la décrit comme une jeune femme heureuse, lumineuse et incapable de méchanceté. Malgré les épreuves, elle reste sa plus grande fierté.
Pendant des années, elle a cherché des réponses. Des années d'errance médicale, de doutes et d'incompréhension avant que la réalité ne s'impose. Le déni, la colère et la douleur ont traversé son cœur de mère, mais elle a continué à avancer. Parce qu'elle l'aimait plus que tout.
Puis, à force de porter les autres, elle s'est oubliée elle-même. Les somnifères et les anxiolytiques sont devenus un refuge. Elle en prenait la nuit pour dormir, mais aussi le jour pour supporter une souffrance devenue trop lourde à porter.
Elle était là sans être vraiment présente.
Son mari a refusé de la laisser sombrer. Il a porté sa famille lorsque tout vacillait et a parfois dû la secouer, au sens propre comme au figuré, parce qu'il refusait de voir la femme qu'il aimait disparaître.
Quand elle n'avait plus la force de se battre, il s'est battu pour elle.
Aujourd'hui, elle avance avec ses cicatrices. Elles sont toujours là, mais elles sont devenues la preuve qu'il est possible de revenir de très loin.
Elle a traversé l'ombre. Et malgré les blessures, elle a retrouvé la lumière.
