Elle est maman de deux enfants, dont le plus jeune est atteint d’une maladie génétique rare, une translocation génétique. Lorsque le diagnostic est tombé, il a fallu laisser partir une partie de l’avenir qu’elle avait imaginé pour son enfant, pour apprendre à regarder autrement celui qui était déjà là.
Peu à peu, son regard a changé. Elle a cessé de voir tout ce que la maladie pouvait lui enlever pour regarder tout ce qu’elle ne pourrait jamais lui prendre : son sourire, sa joie de vivre, sa lumière. Chaque petit progrès est devenu une immense victoire et chaque instant partagé, une autre manière de mesurer le bonheur.
Au milieu de cette nouvelle vie, elle a choisi de continuer à exercer son métier d’infirmière.
Prendre soin des autres est devenu son souffle, son équilibre, ce sas qui lui permettait de ne pas perdre pied lorsque tout semblait s’effondrer. Derrière son sourire vivent pourtant l’hypervigilance, les inquiétudes et cette peur silencieuse de perdre son enfant, mais les épreuves n’ont jamais réussi à lui enlever sa douceur.
Lorsqu’elle parle de son fils, la maladie s’efface presque. Elle parle de son petit soleil, de tout ce qu’il lui a appris, de cette autre façon de regarder la vie et de cette différence qu’elle trouve belle.
Elle n’échangerait sa place pour rien au monde.
La séance lui a permis de déposer un peu de ce poids porté depuis si longtemps et, surtout, de regarder enfin derrière elle pour mesurer tout le chemin parcouru.
Une femme qui soigne, qui rassure, qui aime sans compter et qui a découvert que la douceur n’efface pas la peur… mais qu’elle peut devenir plus forte qu’elle.